Cour de cassation · Chambre sociale

6 novembre 1959, n° 58-40.133

JuridictionCour de cassation
FormationChambre sociale
Date6 novembre 1959
Numéro58-40.133
NatureArrêt
Solutioncassation métadonnées
PublicationBulletin Cass.
RéférenceCour de cassation, Chambre sociale, 6 novembre 1959, n° 58-40.133, publié au BulletinJudilibre →

Sommaire officiel sommaire officiel · DILA

Manque de base légale la décision réduisant d'un mois à un jour la mise à pied prononcée par un employeur, après accomplissement des formalités réglementaires, dans les limites prévues par le statut du personnel, à l'encontre d'un salarié coupable d'une faute indiscutable, au prétexte qu'il y avait disproportion entre la sanction prise et la faute commise, s'il n'est pas relevé de fait constitutif d'un détournement de son but du pouvoir disciplinaire exercé par l'employeur dans l'intérêt du bon fonctionnement de l'entreprise.

Matière travail reglementation règlement intérieur mise à pied conditions réduction de sa durée par les juges du fond abstrats · DILA

Sur le moyen unique : Vu l'article 1134 du Code civil et l'article 7 de la loi du 20 avril 1810 ;

Attendu qu'après avoir constaté que X..., délégué du personnel, avait commis une faute en se servant de son titre pour inciter un ouvrier à désobéir aux mesures que le chef de garage de la SITA avait été amené à prendre pour assurer la marche de l'entreprise, et que son employeur lui avait infligé la sanction d'un mois de mise à pied, conformément à l'avis du Conseil de discipline, le jugement attaqué a estimé qu'il y avait une disproportion certaine entre la sanction prise et la faute commise, que la mise à pied devait être limitée à un jour, et il a condamné la SITA à verser à X... une somme égale aux salaires qu'il aurait perçus si son travail n'avait pas été interrompu ;

Qu'en statuant ainsi, alors que la SITA avait pris la sanction, compte tenu de son opportunité et de la discipline de son établissement, après accomplissement des formalités réglementaires, dans les limites prévues par le statut du personnel qui faisait la loi des parties, pour une faute indiscutable, les juges du fond qui se sont bornés à substituer leur appréciation à celle de la société ainsi qu'à celle du Conseil de discipline unanime sans relever de fait constitutif d'un détournement de son but du pouvoir disciplinaire exercé par l'employeur dans l'intérêt du bon fonctionnement de l'entreprise, n'ont pas donné de base légale à leur décision ;

PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE le jugement rendu entre les parties par le Tribunal civil de la Seine, le 30 octobre 1957, remet en conséquence, la cause et les parties au même et semblable état où elles étaient avant ledit jugement, et pour être fait droit, les renvoie devant le Tribunal de grande instance de Versailles.

Textes visés 1

rédaction au 6 novembre 1959repéré dans le textecité : texte

Chaque lien ouvre l'article dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision.

Chronologie texte + métadonnées

  • 6 novembre 1959
    Cour de cassation
    métadonnées
  • 30 octobre 1957
    repéré dans le texte voir
  • 20 avril 1810
    repéré dans le texte voir

Analyse officielle

Plan de classement abstrats · DILA
travail reglementation · règlement intérieur · mise à pied · conditions · réduction de sa durée par les juges du fond

Cite

Cite : art. 1134 CC

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Source : Justice judiciaire, archive Judilibre, Cour de cassation, identifiant 6079b1c29ba5988459c533be, Licence Ouverte 2.0. JusticeLibre est une copie miroir indexée ; la version qui fait foi est celle publiée sur Judilibre.