Cour de cassation · CHAMBRE_CIVILE

15 avril 1872, Cour de Cassation, Chambre civile, du 15 avril 1872, Publié au bulletin

JuridictionCour de cassation
FormationCHAMBRE_CIVILE
Date15 avril 1872
NatureArrêt
SolutionANNULATION métadonnées
PublicationBulletin Cass.
RéférenceCour de cassation, CHAMBRE_CIVILE, 15 avril 1872, publié au BulletinLégifrance →

Sommaire officiel sommaire officiel · DILA

USINE - Ouvriers - Règlement - Prime facultative Il n'est pas permis aux juges, lorsque les termes des conventions qui font la loi des parties sont clairs et précis, de dénaturer les obligations qui en résultent et de modifier les stipulations qu'elles renferment. En conséquence, des ouvriers sont mal fondés à réclamer le payement d'une prime, bien qu'ils aient précédemment touché cette prime et effectué leur travail conformément à un avis réglementaire affiché dans l'usine, lorsqu'une clause de cet avis porte "qu'il est bien entendu que, n'importe pour quel cas, la prime demeurera facultative."

Matière [8A PRINCIPAL] USINE - Ouvriers - Règlement - Prime facultative abstrats · DILA

ANNULATION, sur le pourvoi de la dame veuve Théodore Y... et du sieur X..., fabricants à Flers-de-l'Orne, d'un Jugement rendu, le 4 mars 1870, entre les demandeurs et le sieur Alfred Z..., ouvrier tisseur, demeurant à Flers.

Du 15 Avril 1872.

LA COUR,

Ouï M. Greffier, conseiller, en son rapport ; Maître Pougnet, substituant Maître Christophle, avocat des demandeurs, et Maître Lesur, avocat du défendeur, en leurs observations, et M. Charrins, avocat général, en ses conclusions ; après en avoir délibéré conformément à la loi ;

Vu l'article 1134 du Code civil ;

Attendu qu'aux termes de cet article les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites ;

Qu'il n'est pas permis aux juges, lorsque les termes de ces conventions sont clairs et précis, de dénaturer les obligations qui en résultent, et de modifier les stipulations qu'elles renferment ;

Attendu que la clause invoquée par les demandeurs en cassation pour refuser le payement des primes réclamées par Z..., en exécution d'un avis réglementaire affiché dans l'usine de la société veuve Y... et X..., porte en termes exprès "qu'il est bien entendu que, n'importe pour quel cas, la prime demeurera facultative ;"

Que cette clause, par laquelle ladite société stipule qu'elle ne pourra être contrainte en payement de la prime, est formelle et opposable dans tous les cas, aux ouvriers de l'usine ;

Qu'en vain, pour n'en point faire l'application au litige soumis à sa juridiction, le conseil des prud'hommes de Flers s'appuie, d'une part, sur ce que Z... aurait effectué son travail conformément à l'avis dont il s'agit, et, d'autre part, sur ce qu'il aurait précédemment touché des primes ; qu'en effet, les demandeurs, en effectuant le payement de ces primes, comme depuis en refusant de les accorder à Z..., ont usé de la faculté dont ils s'étaient réservé, par la clause susvisée, de faire ou de ne pas faire usage, suivant leur volonté ;

D'où il suit qu'en condamnant la société veuve Y... et X... à payer les primes réclamées par Z..., le jugement attaqué a formellement violé les dispositions de l'article 1134 du Code civil :

Par ces motifs, CASSE,

Ainsi fait et jugé, Chambre civile.

Textes visés 2

[typelien=CITATION sens=source] Code civil 1134
visa LEGI
rédaction au 15 avril 1872repéré dans le textecité : texte · texte

Chaque lien ouvre l'article dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision.

Chronologie texte + métadonnées

  • 15 avril 1872
    Cour de cassation
    métadonnées
  • 4 mars 1870
    repéré dans le texte voir

Analyse officielle

Plan de classement abstrats · DILA
[8A PRINCIPAL] USINE - Ouvriers - Règlement - Prime facultative

Résumé officiel resume · DILA
[8A] Il n'est pas permis aux juges, lorsque les termes des conventions qui font la loi des parties sont clairs et précis, de dénaturer les obligations qui en résultent et de modifier les stipulations qu'elles renferment. En conséquence, des ouvriers sont mal fondés à réclamer le payement d'une prime, bien qu'ils aient précédemment touché cette prime et effectué leur travail conformément à un avis réglementaire affiché dans l'usine, lorsqu'une clause de cet avis porte "qu'il est bien entendu que, n'importe pour quel cas, la prime demeurera facultative."

Cite

Cite : art. 1134 CC

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Source : Justice judiciaire, archive DILA, bulks CASS / CAPP / CONSTIT, identifiant JURITEXT000006952893, Licence Ouverte 2.0. JusticeLibre est une copie miroir indexée ; la version qui fait foi est celle publiée sur Légifrance.