Arrêté du 5 juin 2026 · Article

Article 34

Article d'une loi modificative (non consolidé).

Article d'une loi modificative : il n'est pas consolidé. Son texte ci-dessous est celui publié au Journal officiel ; ses dispositions ont été intégrées dans les textes qu'il modifie.

TexteArrêté du 5 juin 2026
IdentifiantLEGIARTI000054213670
Texte parentLEGITEXT000054213642
Référencearticle 34 de l'arrêté du 5 juin 2026Légifrance →

Texte publié au Journal officiel

1. Après l'Annexe II - IV. Maquette 14, il est inséré une Annexe II - IV. Maquette 15 ainsi rédigée :

2. « ANNEXE II - IV. Maquette 15

3. « FORMATION SPÉCIALISÉE TRANSVERSALE D'INFECTIOLOGIE PÉDIATRIQUE

4. « 1. Organisation générale

5. « 1.1. Objectifs généraux de la formation

6. « La FST répond à un besoin de la population pédiatrique, souvent vulnérable, qui est celle la plus atteinte par des pathologies infectieuses et dont les spécificités (portant sur l'épidémiologie, la clinique, le diagnostic, la thérapeutique) rendent difficile la projection des schémas adultes. Si l'infectiologie pédiatrique courante (de 1er niveau) relève de la formation acquise au cours du DES de pédiatrie, les problématiques infectieuses hospitalières complexes rencontrées aujourd'hui en pédiatrie et en néonatologie nécessitent un niveau d'expertise de plus en plus élevé. La méconnaissance des spécificités pédiatriques complexes expose au risque d'erreurs dans des situations souvent urgentes et critiques, et maintient une inégalité de qualité de prise en charge sur le territoire.

7. « Ainsi, l'évolution préoccupante des résistances bactériennes chez l'enfant liées au mauvais usage des antibiotiques, l'augmentation du nombre d'enfants porteurs de pathologies lourdes associées à un risque infectieux, la vulnérabilité des enfants vis-à-vis d'agents infectieux émergents et des périls sanitaires présents et à venir, justifient une formation spécifique en infectiologie pédiatrique pour les médecins amenés à intervenir dans ce champ de la médecine.

8. « La FST répond aussi aux missions de référent antibiotique réglementées par le plan national d'alerte du ministère des Solidarités et de la Santé (Instruction DGS/RI1/DGOS/PF2/DGCS n° 2015-212 du 19 juin 2015) et récemment précisées dans la Stratégie Nationale de Lutte contre l'antibiorésistance. Enfin, cette formation permet l'uniformisation de l'enseignement à l'échelle européenne, l'infectiologie pédiatrique étant une spécialité dans la plupart des pays d'Europe avec une formation qualifiante reconnue par l'Etat, et crée une continuité entre l'infectiologie « adulte » et pédiatrique.

9. « L'objectif est de former des spécialistes des maladies infectieuses et tropicales pédiatriques afin :

10. « - d'apporter une expertise spécifique dans le diagnostic et la prise en charge des infections graves et complexes de l'enfant, avec une activité de référent en infectiologie pédiatrique. Cela implique la connaissance des spécificités pédiatriques sémiologiques, microbiologiques et pharmacologiques ;

11. « - d'assurer les missions de santé publique en collaboration étroite avec les différents cliniciens et les organismes concernés : s'impliquer dans la maîtrise de l'utilisation des agents infectieux en pédiatrie, dans la mise en place et/ou la réactualisation de protocoles nationaux en maladies infectieuses pédiatriques, dans la formation des professionnels de santé sur le bon usage des agents anti-infectieux en pédiatrie, dans la réponse aux alertes épidémiques sur le territoire et l'organisation de la prévention individuelle et collective de la diffusion des maladies émergentes et des infections multi-résistantes chez l'enfant, et enfin dans l'élaboration et la mise en œuvre des programmes de vaccination en situation complexe (ex. enfants atteints de déficits immunitaires congénitaux ou acquis) ;

12. « - de participer à, voire conduire, des activités de recherche de haut niveau en maladies infectieuses en collaboration avec les infectiologues « adultes » et pédiatres français et étrangers.

13. « 1.2. Collèges d'Enseignants impliqués dans cette FST Collège des Universitaires des Maladies Infectieuses et Tropicales (CMIT) & Collège National des Pédiatres universitaires (CNPU).

14. « 1.3. Durée de la FST Deux semestres.

15. « 1.4. Sélection des candidats à la FST

16. « Conformément à l'article 6 de l'arrêté du 12 avril 2017 portant sur l'organisation du troisième cycle des études de médecine, la sélection des candidats sera effectuée par le pilote de la FST et les coordonnateurs des spécialités concernées. L'étudiant devra au préalable avoir acquis les connaissances de base en pédiatrie et en infectiologie, et une attention particulière sera portée au parcours suivi par l'étudiant et à son projet professionnel

17. « 2. Caractéristiques

18. « 2.1. Enseignements hors stages

19. « 2.1.1. Volume horaire :

20. « Deux demi-journées par semaine, durée calculée en moyenne sur le trimestre, selon les modalités définies par la directive européenne sur le temps de travail : une demi-journée en autonomie et une demi-journée supervisée

21. « 2.1.2. Nature des enseignements :

22. « En application de l'article 5 du présent arrêté :

23. « - enseignement en autonomie notamment par e-learning ;

24. « - séminaires présentiels et distanciels, organisés par le pilote de la FST.

25. « Ces enseignements utiliseront le numérique (enregistrement des cours, vidéo transmission) et se feront sous forme d'enseignements dirigés avec participation active des internes sous forme de cas cliniques, d'exposés théoriques par un expert, de conférences de synthèse et messages principaux.

26. « 2.1.3. Connaissances à acquérir :

27. « Elles sont détaillées sur la plateforme numérique de la FST, en particulier :

28. « 1° Connaître les spécificités néonatales et pédiatriques de l'interaction « hôte-pathogène » et de la réponse immunitaire pendant l'infection

29. « 2° Connaître les types d'infections rencontrées en cas d'anomalies anatomiques congénitales et sur les procédures chirurgicales spécifiquement pédiatriques

30. « 3° Savoir diagnostiquer et prendre en charge, avec la connaissance des spécificités pédiatriques, les infections complexes chez l'enfant nécessitant une expertise :

31. « a) Les infections pédiatriques graves (y compris néonatales) ou inhabituelles (i.e., infections à pathogènes rares, nosocomiales, post-chirurgicales) ;

32. « b) Les infections urinaires récidivantes ou sur matériel, les infections respiratoires basses compliquées ou associées aux soins, les infections ORL, stomatologiques et ophtalmologiques, dermatologiques et ostéoarticulaires complexes et infections du site opératoire, les infections cardiovasculaires, du système nerveux central et digestives compliquées ;

33. « c) Les maladies d'inoculation ;

34. « d) Les infections émergentes et les agents infectieux hautement contagieux ;

35. « e) Les infections sexuellement transmissibles, l'infection à VIH, les hépatites virales et infections chroniques et/ou récurrentes à virus du groupe herpès (CMV, HSV, EBV) et la prescription des anti-rétroviraux ;

36. « f) Les infections de l'enfant immunodéprimé et les infections fongiques invasives ;

37. « g) La tuberculose multi-résistante ;

38. « h) Les pathologies infectieuses chez l'enfant migrant ;

39. « i) Pathologie infectieuse de l'enfant voyageur ;

40. « 4° Connaître tous les agents anti-infectieux de recours (en particulier sans AMM pédiatrique), connaître leurs spectres d'activité spécifiques, leurs particularités pharmacocinétiques et pharmacodynamiques (PK-PD) avec leurs conséquences sur le mode d'administration, la posologie ainsi que leurs contre-indications chez l'enfant ;

41. « 5° Savoir lire et interpréter les profils de résistance complexes sur un antibiogramme au cours d'une infection ;

42. « 6° Connaître les indications des agents immunomodulateurs, immunoglobulines et corticoïdes au cours de certaines infections graves ;

43. « 7° Connaître le rôle d'un référent en anti-infectieux et de conseil sur l'utilisation des anti-infectieux en pédiatrie ;

44. « 8° Savoir conduire une expertise en infectiologie pédiatrique dans le cadre d'un staff multidisciplinaire ;

45. « 9° Connaître les principes et les règles de bonne pratique de la recherche en infectiologie pédiatrique.

46. « 2.2. Stages

47. « 2.2.1. Parcours de stages à réaliser :

48. « - un stage d'un semestre dans un service bénéficiant d'un agrément fonctionnel pour la FST et ayant une activité de maladies infectieuses pédiatriques ;

49. « - un stage d'un semestre dans un service bénéficiant d'un agrément fonctionnel pour la FST et ayant une activité au choix, en maladies infectieuses pédiatriques ; maladies infectieuses et tropicales « adultes » ; microbiologie.

50. « Le choix de ce 2 e stage devra tenir compte du DES d'origine de l'étudiant et de ses stages de DES préalablement effectués pour que la formation soit optimale au regard des objectifs de formation de la FST.

51. « Durant sa formation pratique, l'étudiant devra effectuer une activité d'infectiologie transversale (adulte ou pédiatrique) pendant au moins 3 mois.

52. « 2.2.2. Critères d'agrément des stages dans la FST, en lien avec le DES d'origine, éventuellement services avec double agrément :

53. « En sus des dispositions de l'article 34 de l'arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du troisième cycle des études de médecine, la commission d'agrément prend en compte les éléments suivants :

54. « - volume d'activité de soins ;

55. « - collaborations en réseau avec les Centres hospitaliers non universitaires et le secteur libéral ;

56. « - encadrement académique ;

57. « - implication pédagogique et organisation de réunions interdisciplinaires ;

58. « - évaluation régulière des pratiques.

59. « 2.3. Compétences à maîtriser au terme de la formation

60. « Compétences spécifiques à la FST à acquérir au cours du DES d'origine : Elles sont détaillées sur la plateforme numérique de la FST, en particulier, avec la connaissance des particularités néonatales et pédiatriques :

61. « - conseiller sur les éléments d'investigation en infectiologie en les adaptant à la physiologie de l'enfant (diagnostic stewardship) ;

62. « - prendre en charge les maladies infectieuses communautaires « complexes » (infections ostéo-articulaires, endocardites, tuberculose…) et les infections associées aux soins (infections sur matériel, infections à BMR, infections nosocomiales et en réanimation) ;

63. « - prendre en charge et prévenir une infection de l'enfant immunodéprimé ;

64. « - diagnostiquer et traiter les infections « rares » ou « complexes » à leur phase initiale (infections fongiques et infections virales néonatales, infections du site opératoire…) ;

65. « - prendre en charge le diagnostic et le traitement des principales maladies tropicales d'importation rares ou sévères de l'enfant (virales, fongiques et parasitaires) ;

66. « - coordonner la gestion d'une épidémie avec gestion du risque biologique en milieu pédiatrique ;

67. « - prendre en charge les différentes zoonoses de l'enfant ;

68. « - prendre en charge une infection à BMR/BHR ou à un agent infectieux hautement transmissible (sur le versant thérapeutique et sur le versant hygiène) ;

69. « - donner un conseil en antibiothérapie en intra- et en extra- hospitalier : infectiologie transversale pédiatrique avec une compétence pour la télé-expertise et aider à la réévaluation de la prescription des antibiotiques à la 72 e heure et au 7 e jour, mettre en place les principes de surveillance thérapeutique en milieu hospitalier et appliquer les mesures complémentaires dans la prévention de la transmission des BMR ;

70. « - organiser la suite de prise en charge ambulatoire d'une infection complexe ;

71. « - appliquer les principes de l'éducation thérapeutique en consultation d'infectiologie pédiatrique ;

72. « - conseiller un programme vaccinal adapté en fonction du risque individuel et collectif chez les enfants souffrant de maladie chronique, immunodéprimés et/ou sous traitements immunosuppresseurs, participer à la prévention vaccinale en cas de maladie émergente ;

73. « - conduire une consultation de voyage en zone tropicale, tout particulièrement chez l'enfant immunodéprimé ;

74. « - interagir dans le cadre de réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) pédiatriques sur les questions relevant de l'infectiologie ;

75. « - collaborer avec les centres de dépistage, de veille sanitaire, de prise en charge des infections ostéo-articulaires complexes, avec le Centre de lutte anti-tuberculeuse (CLAT) et les structures de lutte contre les maladies hautement contagieuses ;

76. « - participer à la gestion des antimicrobiens à l'échelle institutionnelle (ex. réunion de la Commission Médicale des Anti-Infectieux -COMAI-locale) et aux audits de bon usage des anti-infectieux ;

77. « - participer à l'élaboration de, voire conduire un protocole de recherche clinique en infectiologie pédiatrique.

78. « 2.4. Evaluation

79. « 2.4.1. Modalités de l'évaluation des connaissances, donnant accès à la phase II de la FST :

80. « Conformément au VIII de l'article 59 de l'arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du troisième cycle des études de médecine.

81. « Connaissances théoriques : autoévaluation en ligne par un questionnaire électronique à la fin de chaque module d'e-learning et de chaque séminaire.

82. « 2.4.2. Modalités de l'évaluation des compétences, donnant accès à la phase II de la FST :

83. « Conformément au VIII de l'article 59 de l'arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du troisième cycle des études de médecine.

84. « Connaissances pratiques : grille d'évaluation standardisée remplie par le maître de stage (carnet de stage, portfolio).

85. « 2.5. Modalités de validation de la FST

86. « Conformément au VIII de l'article 59 de l'arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du troisième cycle des études de médecine. En commission pédagogique de la FST :

87. « - validation du contrôle continu des connaissances (questionnaires électroniques) ;

88. « - validation de l'acquisition des compétences (formulaires de validation de stage et portfolio de l'étudiant) ;

89. « - validation du parcours de stages de l'étudiant ;

90. « - soutenance d'un mémoire rédigé sous la forme d'un article scientifique destiné à être soumis dans une revue à comité de lecture sur un sujet en lien avec la FST. »

Ce que cet article a modifié

A modifié :

  • Arrêté du 21 avril 2017
    Divisions : Art. Annexe II
  • IV. Maquette 15

Aller plus loin

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