(9) L’évolution récente de la situation montre toutefois que l’action menée par les autorités hongroises s’avère désormais inadéquate.
— L’objectif de déficit de 3,6 % du PIB pour 2005 visé dans la recommandation du Conseil (et approuvé par celui-ci dans son avis rendu en mars 2005 sur l’actualisation de décembre 2004 du programme de convergence) sera loin d’être atteint, et le gouvernement a choisi de ne pas prendre de nouvelles mesures pour corriger les dérapages contrairement aux engagements pris précédemment, comme en témoigne la notification révisée d’un déficit de 6,1 % du PIB pour 2005 transmise par les autorités hongroises le 20 septembre 2005 dans le cadre de la PDE. Le résultat pour 2005 sera plus défavorable si de nouveaux dérapages se produisent (ce qui n’est pas exclu, en particulier du côté des dépenses) et ne sont toujours pas compensés par des mesures correctives. Selon la notification, le ratio de la dette au PIB en 2005 restera inférieur au seuil de 60 %, à 57,1 % du PIB.
— L’objectif pour 2006 contenu dans le programme de convergence actualisé et la recommandation adoptée par le Conseil le 8 mars 2005 visant à ramener le déficit à 2,9 % du PIB ont été abandonné par les autorités. Le nouvel objectif nettement plus élevé de 5,2 % du PIB qui figure dans le projet de budget 2006 risque de ne pas être atteint en l’absence d’une réduction substantielle des dépenses, dans la mesure où la réforme fiscale prévue devrait entraîner une baisse des recettes de 1,1 % du PIB et où le projet de budget 2006 récemment adopté ne contient aucune mesure globale d’ordre structurel susceptible d’étayer une réduction aussi substantielle des dépenses.
— La mise en œuvre de réductions d’impôts, en particulier en 2006, est contraire à la recommandation du Conseil de subordonner la planification et la mise en œuvre d’éventuelles réductions d’impôts à la réalisation des objectifs de déficit annoncés dans le programme de convergence actualisé présenté en décembre 2004.
— L’importance de la déviation, en 2005 et en 2006, par rapport à la trajectoire d’ajustement de la Hongrie visant à mettre fin à la situation de déficit excessif d’ici à 2008, qui avait été définie par les autorités hongroises et approuvée par le Conseil dans sa recommandation du 8 mars 2005, fait douter de la possibilité de corriger le déficit. Associée à la lenteur des progrès accomplis dans le domaine des réformes structurelles, elle compromet en outre l’amélioration qui s’impose au niveau des déséquilibres macroéconomiques.