(20) Les huit compagnies estiment que la Commission se focalise trop sur la réduction de la participation de l'Etat dans AZ et que la compatibilité de la recapitalisation d'AZ Fly, la prise de contrôle d'AZ Services et les mesures de soutien public sont elles aussi contestables; le respect du principe de l'investisseur privé ne leur apparaît pas rempli au regard de l'inaptitude qu'aurait AZ à garantir un retour sur investissement suffisant. Elles estiment, dans une annexe:
a) que l'engagement prévu à l'aide au sauvetage (§ 41 de la décision) de privatiser AZ dans les 12 mois n'est pas maintenu. En effet la scission AZ Fly et AZ Services rend ce principe uniquement applicable à la première alors que l'activité de la seconde a également bénéficié de l'aide (§ 58 de l'ouverture). Le plan présenté en devient donc non adapté et un plan «adapté» devrait être présenté pour le 12/06/05;
b) que l'évaluation de la rentabilité présentée pour Fintecna (improprement appelée Finmeccanica dans leur courrier) est incorrecte; elles considèrent que la part du capital d'AZ Services détenue par AZ Fly devrait être prise en compte dans le calcul à hauteur de la part de l'Etat dans le capital de celle-ci et que le calcul du hurdle rate devrait être revu;
c) que la présence d'une conditionnalité à l'engagement de l'Italie de privatiser AZ Fly (§ 28 de l'ouverture) n'est pas acceptable; la part maximale associée à l'opération, soit 750 M€, doit à leurs yeux être immédiatement réduite, particulièrement car l'éventualité d'une «situation de marché défavorable et imprévisible» ne saurait être prise en compte; elles rappellent que dans le cas Iberia des problèmes similaires, liés aux participations sud-américaines de la compagnie avaient été rejetées par la Commission;
d) que la décision d'ouverture ne statue pas sur d'éventuels autres éléments d'aide d'Etat comme l'extension des dispositifs légaux d'aide au départ des salariés (§ 18 et 19); ces éléments ne paraissent pas avoir été notifiés et constitueraient donc une aide illégale qui doit être récupérée. Les huit compagnies rappellent que dans le cas Iberia précédemment cité, la compagnie a dû assumer ses coûts de restructuration sur les fonds propres apportés; il devrait en être de même ici et les frais de réduction de l'effectif devraient être présentés dans un nouveau plan de restructuration.
e) les huit compagnies signalent que certains faits sont présentés avec insuffisamment de détails; ainsi, au § 48 de l'ouverture, il n'est pas clair si les deux options d'achat d'A 319 évoquées ont été décidées le 30/05/2000; elles ne devraient pas pouvoir être exercées du fait de l'aide au sauvetage reçue.