(395) Par ailleurs, l’expertise Deloitte, qui se base sur un petit groupe d’entreprises comparables appartenant principalement au secteur des services de colis express multinationaux (UPS, FedEx, TNT Express e.a.), appelle un examen critique. La recommandation formulée par cette expertise de faire reposer la marge de bénéfice raisonnable sur une MDE inférieure de 6,1 % et une MDE médiane de 7,4 %, méconnaît que Deutsche Post effectue des opérations qui, comparativement, requièrent non seulement une très faible intensité capitalistique, mais qui, de plus, comportent très peu de risques:
1) Les services de colis express internationaux ne sont pas fournis par Deutsche Post elle-même, mais par le biais de ses filiales DHL.
2) Pour les services du courrier qui représentent 75 % des recettes de Deutsche Post, cette dernière doit investir un volume de capitaux considérablement plus faible que les opérateurs assurant des services de colis multinationaux. Le principal poste de coûts dans le secteur du courrier est en effet constitué par les salaires des facteurs. En comparaison, les opérateurs de services de colis express doivent effectuer des investissements beaucoup plus importants dans des équipements à forte intensité capitalistique.
3) La position dominante de Deutsche Post sur le marché du courrier et l’affirmation de cette position résultent des droits exclusifs qui lui ont assuré une clientèle captive, sans qu’elle ait eu besoin de procéder à de gros investissements en marketing et pour sa notoriété. En revanche, les services de colis multinationaux ont dû, de fond en comble, imposer leur position sur chaque marché national et créer un certain nombre de marques renommées, à leurs propres risques et à leurs propres frais.
4) Les risques de Deutsche Post sur le marché et ses risques financiers ont été couverts par des mesures étatiques. La réglementation des tarifs, notamment, lui a permis de couvrir toutes les charges en provenance des services non réglementés.