Règlement d'exécution (UE) n° 766/2012 · Article

Article annexe II

Article en vigueur.

Version d'origine : acte du 24/07/2012 tel que publié au JO de l'Union ; aucune consolidation en français. Si l'acte a été modifié depuis, ce texte n'en tient pas compte : vérifier sur EUR-Lex.

TexteRèglement d'exécution (UE) n° 766/2012
IntituléANNEXE II
RattachementRèglement d'exécution (UE) n° 766/2012
VersionVersion d'origine (CELEX 32012R0766)
RéférenceAnnexe II du règlement d'exécution (UE) n° 766/2012EUR-Lex →

DOCUMENT UNIQUE

RÈGLEMENT (CE) No 510/2006 DU CONSEIL

«PATATA DI BOLOGNA»

No CE: IT-PDO-0105-0934-02.01.2012

IGP ( ) AOP ( X )

1. Dénomination

«Patata di Bologna»

2. État membre ou pays tiers

Italie

3. Description du produit agricole ou de la denrée alimentaire

3. 1. Type de produit

Classe 1.6: Fruits, légumes et céréales en l’état ou transformés

3. 2. Description du produit portant la dénomination visée au point 1

Le produit doit appartenir à la variété Primura et être reconnaissable, pour ce qui est de son aspect physique, de sa composition chimique et de ses qualités organoleptiques, grâce aux critères suivants: forme des tubercules: ovale, allongée, régulière, avec présence de bourgeons (yeux) superficiels et peu prononcés; peau lisse, entière et dépourvue de défauts externes qui en altèrent les caractéristiques; calibre des tubercules homogène, compris entre 40 et 75 mm;

Chair consistante, dont la couleur varie du blanc au jaune paille.

Bonnes qualités de conservation.

La composition moyenne par 100 g de partie comestible est la suivante:

— Eau: de 70,0 à 85,0 %; méthode d'analyse définie par le décret ministériel du 27 mai 1985 (Gazzetta ufficiale no 145 du 21 juin 1985).

— Protéines: de 0,9 % à 2,6 %; méthode d'analyse certifiée ISO 937 – 1978 (E) et AOAC Official method no 932.08.

— Matières grasses: teneur maximale 1,12 %; méthode d'analyse ISTISAN 1996/34, p. 41-43.

— Hydrates de carbone: de 8 % à 19 %. Les données sont obtenues en soustrayant de 100 les valeurs pour l'eau, les cendres, les matières grasses, les protéines et les fibres alimentaires.

— Fibres alimentaires: de 0,9 % à 4 %; méthode d'analyse AOAC no 985.29 17e édition, 2003.

— Cendres brutes: de 0,4 % à 1,45 %; méthode d'analyse ISTISAN 1996/34 p. 77-78 et certifiée ISO 936:1998 (E).

— Potassium (K): valeur minimale d'au moins 250 mg par 100g de produit; méthode d'analyse EPA 3015A et EPA 6010B.

Symbole de la «Patata di Bologna», la variété Primura, du fait de ses caractéristiques (bonne présentation dans l’assiette, teneur moyenne en matière sèche, bonne consistance de sa chair, goût caractéristique mais pas trop prononcé et bonne conservation), qu'elle doit à la culture sur des sols adaptés et conservés intacts au fil du temps, représente aujourd’hui encore la pomme de terre qui répond aux exigences du marché.

3. 3. Matières premières (uniquement pour les produits transformés)

— 3.4. Aliments pour animaux (uniquement pour les produits d’origine animale)

— 3.5. Étapes spécifiques de la production qui doivent avoir lieu dans l’aire géographique délimitée

Toutes les étapes, de l'ensemencement à la récolte finale des tubercules, doivent avoir lieu dans l'aire géographique délimitée.

3. 6. Règles spécifiques applicables au tranchage, au râpage, au conditionnement, etc.

Le conditionnement du produit doit avoir lieu sur le territoire de la province de Bologne. La «Patata di Bologna» A.O.P. présente des caractéristiques qualitatives, tant organoleptiques que commerciales, élevées, qui ne peuvent être préservées que moyennant un conditionnement correct. Les opérateurs locaux ont acquis une solide expérience en ce qui concerne la manipulation, le transport et la gestion du produit après la récolte, et notamment la conservation en milieu réfrigéré, qui leur permet de limiter les pertes d'humidité pour le produit. Ces connaissances et l'expérience acquise sur le terrain contribuent à préserver les caractéristiques qualitatives de la «Patata di Bologna» A.O.P tout en respectant ses processus physiologiques naturels.

3. 7. Règles spécifiques d’étiquetage

La commercialisation de la «Patata di Bologna» à des fins de mise à la consommation doit se faire au moyen des emballages suivants:

— sacs de 4, 5, 10 et 25 kg avec bande centrale imprimée d’une largeur minimale de 10 cm;

— filets de 0,5, 1, 1,5, 2 et 2,5 kg;

— vertbags, quickbags, girsacs et sacs de 0,5, 1, 1,5, 2, 2,5 et 5 kg;

— plateaux ou caissettes de 0,5, 0,75 et 1 kg;

— caisses et cageots de 10, 12,5, 15, 20 et 25 kg.

Les emballages doivent porter la mention «Patata di Bologna» suivie de l’inscription «D.O.P.» et du logo constitué d'une image stylisée d’une pomme de terre traversée par deux bandes diagonales de couleurs rouge et bleue conformes aux spécifications suivantes:

— le jaune de la pomme de terre stylisée est Pantone Yellow 116 C, quadrichromie 0/20/100/0;

— le rouge de la première bande oblique est Pantone Warm Red C, quadrichromie 0/100/100/0;

— le bleu de la seconde bande oblique est Pantone 286 C, quadrichromie 100/70/0/0;

Le caractère typographique utilisé pour toute inscription est Avenir, dans ses versions normale et grasse.

La marque ne peut être reproduite sur les emballages dans des dimensions inférieures à 20 mm de base et, en tout état de cause, la mention «Patata di Bologna D.O.P.» doit être plus grande que toutes les autres inscriptions figurant sur l’étiquette.

4. Description succincte de la délimitation de l'aire géographique

La province de Bologne.

5. Lien avec l'aire géographique

5. 1. Spécificité de l’aire géographique

La plaine bolognaise jouit, dès fin février-début mars, de températures printanières douces, qui sont idéales pour la germination des tubercules semés à cette période. Au moment du développement végétatif maximal, qui s’étend d’avril à juin, les températures atteignent 25-28 °C, ce qui favorise la formation et la croissance des tubercules et une maturation régulière. Les précipitations, réparties sur toute l’année, favorisent la culture au moment de la première phase de croissance et au début de la tubérisation. Elles garantissent aussi la reconstitution des nappes phréatiques et facilitent les travaux de préparation des sols avant la plantation des pommes de terre.

Du point de vue hydrologique, le territoire est bien doté, avec la présence de torrents et cours d'eau naturels (Idice, Reno, Gaiana, Fossatone, Quaderna, Rido, Sillaro, Samoggia et Savena), ainsi que de canaux artificiels, comme le canal d’Émilie-Romagne, creusés spécialement pour apporter de l’eau aux cultures au printemps et en été, saisons durant lesquelles le besoin s'en fait le plus sentir.

Les caractéristiques morphologiques des sols, de type essentiellement alluvial, stratifiées et donc riches en oxygène, créent des conditions très propices au développement du produit.

5. 2. Spécificité du produit

La «Patata di Bologna» est obtenue exclusivement à partir de la variété Primura. Cette variété s'est bien adaptée aux conditions pédologiques et climatiques de l'aire de production, devenant ainsi le symbole des pommes de terre de Bologne. D'un point de vue organoleptique et qualitatif, la «Patata di Bologna» présente traditionnellement une chair particulièrement propice à la conservation, généralement non farineuse, ce qui lui permet de se prêter à différentes utilisations en cuisine, comme la friture, la cuisson vapeur et la cuisson au four. Son goût typique mais pas trop prononcé et sa bonne conservation, qui sont dus à la pratique d'une culture sur des terrains adaptés et au recours à des techniques agronomiques traditionnelles, en font, aujourd'hui encore, un produit de référence sur le marché.

5. 3. Lien causal entre l’aire géographique et la qualité ou les caractéristiques du produit (pour les AOP), ou une qualité spécifique, la réputation ou d’autres caractéristiques du produit (pour les IGP)

Les caractéristiques de la «Patata di Bologna» A.O.P. (odeur, saveur, intensité de la couleur de la chair et de la peau) lui sont conférées non seulement par son patrimoine génétique, mais également par son environnement (sol, climat, technique de culture, type de conservation), d'où le lien évident entre la «Patata di Bologna» et la province de Bologne. La culture de la pomme de terre est liée au territoire de la région de Bologne depuis bien longtemps, grâce à des sols particulièrement adaptés, aux caractéristiques qualitatives et organoleptiques exceptionnelles de certaines variétés et aux techniques de culture traditionnelles utilisées par les producteurs. Ce lien avec le territoire est né de la nécessité de nourrir la population, surtout lors des périodes de mauvaise récolte du froment, depuis toujours base de l’alimentation humaine, et de la conviction que le développement d’une telle culture conférerait un avantage à la province en la libérant de l’obligation de s’approvisionner auprès d’autres États. Il s’est renforcé petit à petit grâce non seulement au dur labeur des producteurs, qui développèrent des techniques de culture de grande précision, des outils de plus en plus efficaces et respectueux du produit, des méthodes de conservation d’avant-garde et des structures leur permettant de valoriser le produit dans ses aspects commerciaux et qualitatifs, notamment grâce à la vocation consolidée de la région.

Grâce à cet environnement particulier, né de l'association entre les sols (pédologie et hydrographie) et le climat (pluvieux en automne et en hiver, températures printanières douces dès la fin du mois de février et optimales, c'est-à-dire autour de 25 °C, lors de la formation des tubercules), la pomme de terre qui se développe dans cette région possède des caractéristiques physiques, telles que la texture et la granulométrie de la chair, et organoleptiques, telles qu'une saveur et une odeur particulières, qui en font un produit de qualité remarquable.

Comme l’écrit Contri dans son ouvrage (1817), les sols de la province de Bologne se prêtent au développement de la culture de la pomme de terre parce que celle-ci a une prédilection pour les «bas-fonds déjà libérés des eaux et relevés par les alluvions des rivières», caractéristiques des terrains de bonification de la région de Bologne. Les changements subis par les sols au fil du temps ont donné naissance à des zones de plaines constituées de sédiments alluviaux transportés et déposés par des cours d'eau et torrents prenant leur source dans les Apennins et encore actifs aujourd’hui. Ces sols ont une texture moyenne à fine, une bonne profondeur et sont bien drainés. Ils sont alcalins, contiennent des substances organiques et sont riches en éléments nutritionnels essentiels à la pomme de terre, tels que le potassium, largement présent, le phosphore et l'azote. Ces conditions sont propices à la culture de la pomme de terre, qui en tire tous les bénéfices notamment grâce à son appareil racinaire fasciculé, à l'absence de racine pivotante et à la présence d’un système dense de poils radiculaires.

Références historico-culturelles

Au début du XIXe siècle, la culture de la pomme de terre se répandit dans la région de Bologne, soutenue en particulier par l’agronome Pietro Maria Bignami, qui la fit connaître aux paysans. Utilisée pour l’alimentation du bétail, elle se fit aussi une place à la table du peuple.

À partir de la fin du XVIIIe siècle et pendant tout le XIXe, plusieurs érudits en décrivirent les avantages et inconvénients, mais c’est surtout grâce à l’ouvrage de Contri, à une circulaire du cardinal Opizzoni (1817), légat du pape, et à la description pratique de la culture signée par un certain Benni, que les surfaces cultivées en pommes de terre connurent une augmentation notable.

Il faut en outre mentionner les œuvres de Berti-Pichat et de Bignardi, publiées dans la seconde moitié du XIXe siècle, qui traitent de la pomme de terre dans la région de Bologne. En 1900, cette culture atteignit son potentiel maximal et devint une source de revenus importante pour l’économie rurale locale, de la plaine aux zones collinaires et montagneuses. Le secteur de la production de la pomme de terre se développa et des structures de conservation et de commercialisation modernes et adaptées à une gestion efficace du produit virent le jour.

Référence à la publication du cahier des charges

L’administration compétente a lancé la procédure nationale d’opposition en publiant la demande de reconnaissance de l’IGP «Patata di Bologna» au Journal officiel de la République italienne no 263 du 11.11.2011.

Le texte consolidé du cahier des charges de production peut être consulté sur le site internet:

http://www.politicheagricole.it/flex/cm/pages/ServeBLOB.php/L/IT/IDPagina/3335

ou

en accédant directement à la page d’accueil du site du ministère des politiques agricoles alimentaires et forestières (http://www.politicheagricole.it) et en cliquant sur «Qualità e sicurezza» (qualité et sécurité) (en haut, à droite de l’écran) et sur «Disciplinari di Produzione all’esame dell’UE» (Cahiers des charges soumis à l’examen de l’UE).

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