Prescriptions applicables aux dispositifs d’attelage et à leurs fixations
1. Champ d’application
1. 1. La présente annexe s’applique aux dispositifs d’attelage et à leurs fixations pour les véhicules de catégorie L, s’ils en sont pourvus.
1. 2. La présente annexe indique les prescriptions auxquelles doivent satisfaire les dispositifs d’attelage des véhicules de catégorie L afin de:
1. 2.1. garantir la compatibilité lors de la combinaison de véhicules de catégorie L avec différents types de remorques,
1. 2.2. garantir la sécurité de l’accouplement du véhicule et de la remorque dans toutes les conditions de fonctionnement,
1. 2.3. garantir la sécurité des opérations d’accouplement et de désaccouplement.
2. Prescriptions générales
2. 1. Les dispositifs d’attelage pour les véhicules de catégorie L doivent être construits et fixés selon les règles de l’art et doivent être d’un fonctionnement sûr. Ils peuvent être réceptionnés en tant qu’entités techniques au titre du présent règlement ou homologués conformément au règlement no 55 de la CEE-ONU.
2. 2. Les dispositifs d’attelage doivent être conçus et fabriqués de manière que, dans le cadre d’une utilisation normale, d’un entretien conforme et d’un remplacement de pièces usées, ils continuent de fonctionner de manière satisfaisante.
2. 3. Il convient de joindre à chaque dispositif d’attelage une notice de montage et d’utilisation contenant des informations suffisantes pour permettre à une personne qualifiée de monter et de faire fonctionner correctement le dispositif d’attelage. Les instructions doivent être rédigées dans la ou les langues officielles de l’État membre dans lequel le dispositif d’attelage sera mis en vente.
2. 4. Seuls peuvent être employés les matériaux dont les propriétés pertinentes pour l’application sont définies dans une norme ou ceux dont les propriétés sont indiquées dans la documentation relative à l’application.
2. 5. Tous les composants des dispositifs d’attelage dont la défaillance peut provoquer la rupture de l’attelage doivent être fabriqués en acier. D’autres matériaux peuvent être utilisés si leur équivalence a été démontrée par le fabricant à la satisfaction du service technique.
2. 6. Tous les attelages conçus doivent être mécaniques et le blocage en position fermée doit être assuré par au moins un procédé d’accouplement mécanique.
2. 7. Si le véhicule de catégorie L est équipé d’un dispositif d’attelage, une boule d’attelage conforme à la figure Ap1-1 de l’appendice 1 doit être utilisée. Le dispositif d’attelage doit être choisi et positionné de manière à assurer une compatibilité maximale avec différents types de remorques. Un dispositif d’attelage autre qu’une boule d’attelage peut cependant être utilisé, à condition qu’il soit conforme aux prescriptions visées au point 2.8 et que la compatibilité et l’interchangeabilité des remorques ne soient ni nécessaires ni possibles (combinaisons particulières).
2. 8. Les dispositifs d’attelage doivent être conçus de manière à satisfaire aux prescriptions des points 2.9, 2.10, 2.11, 3, 4 et 5 en matière de fonctionnement, de positionnement, de débattement et de résistance.
2. 9. Les dispositifs d’attelage doivent être conçus et fixés de manière à assurer une sécurité maximale selon les règles de l’art; cette exigence vaut également pour le fonctionnement du dispositif.
2. 10. L’accouplement et le désaccouplement des véhicules doivent pouvoir être réalisés en toute sécurité et sans outil par une seule personne.
2. 11. Les dispositifs d’attelage amovibles doivent pouvoir être actionnés facilement à la main et sans outil.
2. 12. Lors de la mise sur le marché, les constructeurs de dispositifs d’attelage ou de véhicules doivent fournir au client des instructions et des informations, dans toutes les langues officielles, concernant l’impact de l’accouplement d’une remorque sur la conduite d’un véhicule de catégorie L.
3. Prescriptions relatives au positionnement
3. 1. Une fois monté sur le véhicule, le dispositif d’attelage doit pouvoir être actionné facilement et en toute sécurité.
3. 2. Une fois montée sur le véhicule, la boule d’attelage doit satisfaire aux prescriptions géométriques indiquées à la figure Ap1-2 de l’appendice 1.
3. 3. La hauteur du point d’attelage d’un dispositif autre qu’une boule d’attelage doit correspondre à la hauteur du point d’attelage du timon de la remorque, avec une marge de tolérance de ± 35 mm, à condition que la remorque soit en position horizontale.
3. 4. La forme et les dimensions des barres d’attelage doivent satisfaire aux prescriptions du constructeur du véhicule concernant les points de fixation et les dispositifs de montage supplémentaires éventuels.
3. 5. Les prescriptions du constructeur du véhicule relatives au type de dispositif d’attelage, à la masse admissible de la remorque et à la charge statique verticale admissible exercée au point d’attelage doivent être respectées.
3. 6. Une fois monté, le dispositif d’attelage ne doit pas masquer la plaque d’immatriculation arrière et/ou les dispositifs d’éclairage; sinon, il convient d’utiliser un dispositif d’attelage démontable sans outils spéciaux.
3. 7. Les fabricants de barres d’attelage doivent prévoir des points de fixation auxquels peuvent être fixés soit un attelage secondaire, soit un dispositif permettant de freiner automatiquement la remorque en cas de désaccouplement de l’attelage principal.
3. 7.1. Les points de fixation d’un attelage secondaire ou d’un câble de retenue doivent être placés de telle sorte qu’en utilisation normale, cet attelage ou ce câble n’entrave pas les mouvements normaux de l’attelage ni ne perturbe le fonctionnement normal du système de freinage à inertie.
3. 7.2. S’il y a un point de fixation unique, il doit être placé à moins de 100 mm du plan vertical passant par le centre de l’articulation de l’attelage. Si cela n’est pas possible, deux points de fixation doivent être prévus, de part et d’autre de l’axe vertical de l’attelage et équidistant par rapport à cet axe à une distance maximale de 250 mm. Le ou les points de fixation devront être placés le plus en arrière et le plus haut possible.
4. Prescriptions relatives au débattement
4. 1. Les débattements suivants doivent être possibles sans que le dispositif d’attelage soit fixé au véhicule:
4. 1.1. un mouvement vertical de 20° au-dessus et en-dessous de l’axe horizontal à tous les angles de pivotement horizontal, jusqu’à 90° au moins, des deux côtés de l’axe longitudinal du dispositif;
4. 1.2. à tous les angles de pivotement horizontal jusqu’à 90°, des deux côtés de l’axe longitudinal du dispositif, un débattement autour de l’axe vertical de 25° pour les véhicules à trois ou quatre roues ou de 40° pour les véhicules à deux roues.
4. 2. À tous les angles de pivotement horizontal, les mouvements combinés suivants doivent être possibles:
4. 2.1. dans le cas de véhicules à deux roues, sauf lorsque le dispositif est utilisé avec des remorques à une roue qui s’inclinent en même temps que le véhicule:
4. 2.1.1. tangage vertical de ± 15° avec roulis axial de ± 40°,
4. 2.1.2. roulis axial de ± 30° avec tangage vertical de ± 20°;
4. 2.2. dans le cas de véhicules à trois roues ou de quadricycles:
4. 2.2.1. tangage vertical de ± 15° avec roulis axial de ± 25°,
4. 2.2.2. roulis axial de ± 10° avec tangage vertical de ± 20°.
4. 3. L’accouplement et le désaccouplement des boules d’attelage doivent être possibles lorsque l’axe longitudinal de la boule d’attelage forme avec l’axe de la boule d’attelage et de son support:
4. 3.1. horizontalement, un angle β = 60° à droite ou à gauche,
4. 3.2. verticalement, un angle α = 10° vers le haut ou vers le bas,
4. 3.3. axialement, un angle de 10° à droite ou à gauche.
5. Prescriptions relatives à la résistance
5. 1.
Un essai dynamique (essai d’endurance) doit être effectué.
5. 1.1.
L’essai d’endurance doit être effectué avec une charge approximativement sinusoïdale alternative et un nombre de cycles de contrainte adapté au matériau. Cet essai ne doit pas provoquer de ruptures, de fissures ou d’autres détériorations extérieures visibles, ni de déformations permanentes excessives qui puissent nuire au bon fonctionnement du dispositif.
5. 1.2.
Pour l’essai dynamique, la valeur D indiquée ci-après constitue la base utilisée pour les charges. La charge statique verticale doit être prise en considération dans la direction de la charge d’essai par rapport au plan horizontal, en fonction de la position du point d’attelage et de la charge statique verticale admissible en ce point.
Équation 3-1:
DgT RT RkN
où
Tmasse maximale techniquement admissible du véhicule tracteur (en tonnes)
Rmasse maximale techniquement admissible de la remorque (en tonnes)
gaccélération due à la gravité (supposée égale à 9,81 m/s2).
5. 1.3.
Les valeurs caractéristiques D et S retenues pour les essais sont indiquées sur la demande de réception par type introduite par le constructeur, S étant la charge statique verticale maximale admissible (en kg) au point d’attelage.
5. 2. Procédure d’essai
5. 2.1.
Lors des essais dynamiques, l’échantillon doit être placé sur un appareil d’essai approprié, conçu de telle sorte qu’il ne soit soumis à aucune autre force, ni à aucun autre moment en plus de la force d’essai prescrite. Lors des essais de force alternée, l’axe d’application de la force ne doit pas dévier de plus de ± 10° de la direction prévue. Afin d’éviter que des forces et des moments non prescrits n’agissent sur l’échantillon, il peut être nécessaire de placer une articulation au point d’application de la force et une seconde articulation à une distance suffisante de la première.
5. 2.2.
La fréquence de l’essai ne doit pas dépasser 35 Hz. La fréquence retenue doit être distincte des fréquences de résonance de l’installation d’essai, y compris du dispositif soumis à l’essai. Pour les dispositifs d’attelage en acier, le nombre de cycles doit être égal à 2 × 106. Pour des dispositifs réalisés dans des matériaux autres que l’acier, un nombre de cycles supérieur peut être nécessaire. En règle générale, les fissures sont décelées au moyen de la méthode de pénétration de la teinture; d’autres méthodes équivalentes sont également admises.
5. 2.3.
Les dispositifs d’attelage soumis aux essais doivent, en principe, être fixés aussi rigidement que possible sur un appareil d’essai dans une position identique à celle dans laquelle ils sont utilisés sur le véhicule. Les éléments de fixation doivent être ceux qui sont prescrits par le fabricant ou le demandeur et qui seront montés sur le véhicule et/ou présenteront des caractéristiques mécaniques identiques.
5. 2.4. Conditions d’essai
5. 2.4.1. De préférence, les attelages doivent être soumis aux essais dans leur état d’origine, tels qu’ils sont prévus pour un usage routier. Selon l’appréciation du fabricant et en accord avec le service technique, des éléments flexibles peuvent être neutralisés, si nécessaire, pendant l’essai, pour autant que les résultats de l’essai n’en soient pas faussés.
5. 2.4.2. Les éléments flexibles qui subissent une surchauffe manifeste due à cette procédure d’essai accélérée peuvent être remplacés pendant l’essai.
5. 2.4.3. Les charges d’essai peuvent être appliquées par des dispositifs spéciaux ne présentant aucun jeu.
5. 2.4.4. Les dispositifs soumis à l’essai doivent être accompagnés de tous les détails de construction susceptibles d’influencer les critères de résistance (par exemple, plaque à prise électrique, marquages, etc.). La périphérie de l’essai se termine aux points d’ancrage ou aux points de fixation. La position géométrique de la boule d’attelage et des points de fixation du dispositif d’attelage par rapport à la ligne de référence doit être indiquée par le constructeur du véhicule et figurer dans le procès-verbal d’essai.
5. 2.4.5. Toutes les positions relatives des points de fixation par rapport à la ligne de référence, comme indiquée à l’appendice 2, doivent être reproduites sur l’appareil d’essai; à cette fin, le constructeur du véhicule doit fournir au constructeur du dispositif d’attelage toutes les informations nécessaires.
5. 3. Essais à effectuer sur les boules et barres d’attelage
5. 3.1.
L’attelage monté sur l’appareil d’essai doit être soumis à un essai dynamique sur machine pour essais alternatifs de traction (par exemple, sur un générateur d’impulsions à résonance). Cet essai doit répondre aux conditions suivantes.
5. 3.1.1. La charge d’essai doit être une force alternée appliquée sur la boule d’attelage selon un angle de 15° ± 1°, comme le montrent les figures Ap2-1 et Ap2-2 de l’appendice 2.
5. 3.1.2. Si le centre de la boule est situé au-dessus de la ligne parallèle à la ligne de référence indiquée sur la figure Ap2-3 de l’appendice 2, qui comprend le plus élevé des points de fixation les plus proches, l’essai doit être exécuté selon un angle α 15 1° (figure Ap2-1 de l’appendice 2).
5. 3.1.3. Si le centre de la boule est situé au-dessous de la ligne parallèle à la ligne de référence indiquée sur la figure Ap2-3 de l’appendice 2, qui comprend le plus élevé des points de fixation les plus proches, l’essai doit être exécuté selon un angle α 15 1° (figure Ap2-2 de l’appendice 2). Cet angle est choisi de manière à tenir compte de la charge verticale statique et dynamique. Cette méthode d’essai n’est applicable qu’à une charge statique admissible inférieure ou égale à
Équation 3-2:
S120 Dg
5. 3.1.4. Si une charge statique supérieure à cette valeur est requise, l’angle d’essai doit être porté à 20°. L’essai dynamique doit être exécuté avec la force d’essai suivante:
Équation 3-3:
Fres 0,6 D
5. 3.2.
Les boules d’attelage d’une seule pièce, y compris les dispositifs à boule amovible non interchangeable et les barres d’attelage avec boule interchangeable et démontable (à l’exception des boules d’attelage sur support intégré) doivent être soumises aux essais conformément aux prescriptions du point 5.3.1.
5. 3.3.
L’essai des barres d’attelage pouvant être utilisés avec différents types de boules doit être exécuté conformément aux prescriptions d’essai du règlement no 55 de la CEE-ONU.
5. 4.
Les prescriptions d’essai décrites au point 5.3.1 s’appliquent également aux dispositifs d’attelage autres que les boules d’attelage.
6. Têtes d’attelage
6. 1. Les têtes d’attelage doivent être conçues de façon à pouvoir être accouplées en toute sécurité aux boules d’attelage décrites à la figure Ap1-1 de l’appendice 1.
6. 2. Les têtes d’attelage destinées à être montées sur des remorques non freinées doivent être montées avec un dispositif d’attelage secondaire ou au moins un ou plusieurs points d’attache permettant la fixation d’un ou de plusieurs dispositifs d’attelage secondaires. Le ou les points d’attache doivent être placés de telle manière que lorsqu’ils sont utilisés, le ou les dispositifs d’attelage secondaires n’entravent pas les mouvements normaux du dispositif d’attelage principal.
6. 3. Un essai d’endurance doit être exécuté avec une force d’essai alternée et un essai statique (essai de levage) sur chaque échantillon d’essai.
6. 4. L’essai dynamique doit être exécuté avec une boule d’attelage appropriée de résistance adéquate. La tête et la boule d’attelage sont montées sur l’appareil d’essai selon les instructions du fabricant, tels qu’elles seront fixées sur le véhicule. Il faut empêcher que, en dehors de la force d’essai, d’autres forces puissent aussi agir sur l’échantillon. La force d’essai est appliquée selon une ligne qui passe par le centre de la boule et est inclinée de 15° vers l’arrière et vers le bas (figure Ap3-1 de l’appendice 3). Un essai d’endurance doit être exécuté sur un échantillon avec la force d’essai suivante:
Équation 3-3:
Fres 0,6 D
6. 5. La boule d’attelage utilisée pour l’essai doit avoir un diamètre de 49 – 0+0;13 mm pour représenter une boule d’attelage usée. La force de levage FA doit être portée rapidement et sans à-coups à une valeur de:
Équation 3-4:
FAgCS1000
et doit être maintenue pendant 10 secondes, avec
Cmasse de la remorque (somme des charges sur essieu de la remorque portant la charge maximale admissible) en tonnes
6. 6. S’il est fait usage de dispositifs d’attelage autres que des boules d’attelage, la tête d’attelage doit être soumise aux essais, le cas échéant, conformément aux prescriptions pertinentes du règlement no 55 de la CEE-ONU.