(202) Ryanair conteste certaines conclusions du rapport du consultant, en particulier les trois allégations suivantes:
a) Le site de Ryanair paraît donc avant tout comparable aux sites d’autres compagnies aériennes qui n’hébergent de manière générale que peu de publicité payante et sur lesquels les aéroports ne sont pas annonceurs. Ryanair déclare qu’il est inexact d’affirmer que les autres compagnies aériennes ne proposent pas de publicité payante sur leurs sites internet. Elle fait valoir que cette pratique est de plus en plus répandue et que les aéroports régionaux, qui souffrent d’une faible demande, considèrent de plus en plus souvent les sites web des compagnies aériennes à bas prix qu’ils comptent parmi leurs clients comme le meilleur endroit pour faire de la publicité. Ryanair constitue également un exemple de compagnie aérienne faisant la publicité, sur son site web, des services de stationnement d’un aéroport de première catégorie dont elle est cliente.
b) Ryanair soutient qu’il est inexact d’affirmer que les aéroports ne sont pas comparables à d’autres annonceurs sur son site internet, dans la mesure où les services aéroportuaires fournis à ses passagers ne peuvent être dissociés des services fournis aux passagers par Ryanair elle-même. La compagnie allègue que les passagers potentiels voyant une publicité pour un aéroport sur son site internet généreront des recettes pour l’aéroport, qu’ils volent ou non avec Ryanair. Elle soutient par conséquent que la situation des aéroports faisant de la publicité sur son site est, contrairement à l’avis de la Commission, semblable à celle d’autres annonceurs tels que les hôtels et les loueurs de voitures.
c) Selon Ryanair, c’est à tort que le consultant met en cause la rationalité du comportement d’aéroports qui dépenseraient leur propre argent auprès de compagnies aériennes pour attirer des clients sur les vols les desservant, alors que ces passagers supplémentaires bénéficieraient directement auxdites compagnies aériennes. D’après Ryanair, le fait que la fourniture de services marketing profite au fournisseur d’espaces publicitaires, à savoir Ryanair, ne signifie pas qu’elle ne profite pas également à l’aéroport achetant ces services. Le fait qu’un aéroport fasse de la publicité sur le site de Ryanair ou non importe peu à la compagnie puisque son taux de remplissage est similaire sur les liaisons vers les aéroports ayant conclu un accord de publicité avec AMS et sur celles vers les aéroports qui ne l’ont pas fait. Ryanair ajoute que les aéroports régionaux n’étant généralement pas bien établis sur le marché, la publicité est une nécessité. Elle affirme également que la Commission a tort de se focaliser sur les avantages pour la compagnie aérienne étant donné que le critère de l’opérateur en économie de marché n’exige pas qu’une mesure ne génère aucun avantage pour un tiers, ce qui inclut le fournisseur de l’espace publicitaire. Ryanair souligne que les accords de marketing conclus par AMS avec des aéroports sont distincts des accords conclus par Ryanair avec des aéroports, et ne dépendent pas du prétendu avantage que la publicité de l’aéroport sur ryanair.com confère à la compagnie.