(183) De plus, un certain nombre de mesures alternatives ne sont pas appropriées:
1) les énergies renouvelables, prises en compte par ailleurs dans le cadre du PEB, ne garantissent pas à elles seules et dans cette région située en bout de la ligne, le maintien de la tension ni une gestion efficace des pics de demande;
2) les autres sites de production d'énergie conventionnelle arrivent à la limite de leur exploitation et les TAC précitées de la région vont être fermées à partir de 2023. Leur caractère polluant, souligné au considérant 81, empêche d'envisager une prolongation supplémentaire de leur durée de vie;
3) le niveau des investissements en interconnexion, de l'ordre de 45 millions d'EUR en 2015, ne contribuera qu'insuffisamment aux besoins de capacité de la région. La Commission relève que d'importants travaux ont déjà été réalisés sur le réseau par RTE, mais ceux-ci s'avèrent insuffisants pour atteindre l'objectif de sécurisation de l'approvisionnement. Ces mesures ont été les suivantes: renforcement du «filet de sécurité» breton entre 2011 et 2013, installation d'un transformateur déphaseur au poste de Brennilis (2015) et doublement des capacités de transformation 400/225 kV à Plaine Haute (2015). Pourtant, au-delà de 2017, le transformateur déphaseur de Brennilis ne sera plus suffisant pour garantir l'alimentation du nord de la Bretagne. Cette argumentation confirme les éléments rapportés par les parties intéressées au considérant 65, point 2);
4) l'effacement ne constitue pas un instrument approprié. La Commission relève certes que l'intégration des effacements aux différents mécanismes d'équilibrage a été renforcée: à l'issue d'un programme de quatre ans, tous les marchés (énergie, réserves, services système) sont ouverts à l'effacement depuis le 1er juillet 2014. Cependant, l'effacement n'est pas à même de réaliser l'objectif de la mesure qui vise à la fois l'équilibre entre l'offre et la demande d'électricité et le maintien de la tension.
1) Concernant l'équilibre entre l'offre et la demande, l'effacement permet effectivement la diminution ou le report de la consommation. Cependant, ce dispositif n'est pas ciblé géographiquement. Par ailleurs, à l'heure actuelle, il est difficile de mobiliser suffisamment de capacités d'effacement pour répondre au déséquilibre régional. À titre d'exemple, un programme d'expérimentation mené par RTE en Bretagne et destiné à mobiliser des offres locales d'effacement a permis de mobiliser 62 MW entre le 1er novembre 2014 et le 31 mars 2015, à comparer avec un déficit résiduel estimé entre 200 MW et 600 MW (considérant 166). Quand bien même un dispositif serait mis en place au niveau de la Bretagne, il ne permettrait pas, par nature, de répondre à une problématique locale de maintien de tension en offrant une puissance suffisante.
2) Concernant le maintien de la tension, si l'effacement permet de soulager les tensions sur la demande aux heures de pointe et d'écrêter les pics de consommation sans avoir recours à des sources de production supplémentaires, il ne permet pas de maintenir la tension, qui nécessite selon les autorités françaises une injection d'électricité locale sur des durées qui ne peuvent être couvertes par les effacements. La création de nouvelles capacités est donc nécessaire pour procéder à cette injection.