(125) SGF, BDF et les deux particuliers, Peter C. Klanowski et Horst Conrad, étaient d'un avis différent. Ces parties intéressées ont estimé que FLG avait reçu des aides d'État de la part de la ville hanséatique de Lübeck:
— Contrat de reprise des pertes: SGF a indiqué, concernant l'exploitation de l'aéroport, qu'il existait simplement une obligation de service public portant sur l'aviation générale, qui n'incluait pas l'aviation commerciale. À la différence de l'Allemagne, SGF était d'avis que les aéroports en Allemagne pouvaient être fermés sur requête de l'exploitant aéroportuaire. De plus, SGF a observé que le loyer payé par FLG, aussi bien avant qu'après 2006, était trop bas.
— Contrat de bail et reprise d'emprunts: selon BDF, le fait que l'Allemagne a omis de fournir des informations suffisantes à la Commission indique l'existence d'une aide.
— Aide à l'investissement potentielle en faveur de FLG au sens de la décision de 2005 sur les aéroports régionaux, et violation présumée de celle-ci: SGF a exposé que, contrairement à ce qu'affirme la décision d'ouverture, l'aéroport a reçu des aides de manière prématurée puisqu'il n'existait pas encore de décision d'approbation du plan. Selon SGF, l'aéroport de Lübeck a donc bénéficié, par comparaison à d'autres aéroports, d'un avantage temporel, ce qui a constitué une menace pour la concurrence sur le marché. En ce qui concerne l'aide possible pour les mesures d'infrastructure, SGF et Klanowski sont d'avis que certaines des mesures (à savoir le financement de grillages de sécurité, l'éclairage et le système d'atterrissage aux instruments) devaient être considérées comme des aides à l'exploitation. De plus, SGF a indiqué que ces mesures ne remplissaient pas les critères en matière de comptabilité et d'information financière, tels que la Cour les a définis dans l'arrêt dans l'affaire Altmark. SGF est en outre d'avis que les mesures ne sont pas orientées vers un objectif d'intérêt général clairement défini. Aucune perspective à moyen terme satisfaisante n'est d'ailleurs identifiable quant à l'utilisation des infrastructures. Enfin, SGF a indiqué que, même dans le cadre du nouveau barème des redevances, l'accès aux nouvelles infrastructures n'est pas uniforme et exempt de discrimination, puisque seule Ryanair peut remplir les critères nécessaires pour profiter des redevances les plus basses.
— Financement d'investissements dans des infrastructures de la ville hanséatique de Lübeck et du Land de Schleswig-Holstein: SGF a en outre fait valoir que les futurs investissements avaient été calculés sur la base de fausses hypothèses et qu'ils étaient donc excessifs. Non seulement, l'aéroport n'aurait pas été en mesure d'accroître le nombre de passagers, mais il ne pouvait pas non plus, selon SGF, réduire ses pertes. Se référant au concept du transport aérien pour l'Allemagne du Nord («Norddeutsche Luftverkehrskonzept»), SGF a expliqué que tous les aéroports majeurs d'Allemagne du Nord (y compris Hambourg) disposaient de capacités suffisantes. Aucune situation tendue en matière de capacité n'interviendrait avant 2030 au moins. De plus, les investissements, notamment le système d'atterrissage aux instruments, ne peuvent être considérés comme une contrepartie d'un service public. Selon SGF, l'investissement dans ce système cache un intérêt économique de FLG, qui cherche ainsi à pouvoir atteindre ses objectifs économiques à moyen terme.
— Déclaration de cession de rang pour les prêts aux actionnaires que la ville hanséatique de Lübeck a accordés à FLG: SGF est d'avis que l'aéroport de Lübeck est une entreprise en difficulté, et que c'était déjà le cas en 2008/2009. Dans ce contexte, SGF considère la déclaration de cession de rang comme un instrument important pour empêcher la faillite. Selon SGF, la déclaration de cession de rang pour les prêts aux actionnaires s'élevait à […] EUR.