(105) Le rapport des experts se penche sur cinq stratégies différentes:
— la première stratégie d’investissement est une stratégie d’achat à long terme. Selon cette stratégie, PI achète les titres d’État italiens et les détient jusqu’à leur échéance. Le rapport des experts repose sur l’hypothèse que ces titres obligataires sont disponibles pour toutes les échéances (c’est-à-dire pour n’importe quelle durée) et que leurs prix suivent la courbe de rendement du modèle. Étant donné qu’il est possible d’acquérir les titres adéquats qui correspondent exactement à l’échéance des actifs, la stratégie permet une correspondance parfaite entre l’échéance de l’actif et du passif, de sorte qu’elle ne comprend aucun risque de taux,
— la deuxième stratégie est comparable à la première, mais sans l’hypothèse que les titres sont disponibles pour n’importe quelle durée. Dans ce cas, PI supporte un certain risque de taux en raison des flux sortants au titre des dépôts qui interviendraient à des moments où, sur le marché, il n’existe pas de titre pour les couvrir. Par conséquent, PI pourrait être contrainte d’investir dans une part de titres dont l’échéance est plus longue et de les vendre avant l’échéance pour couvrir les flux sortants annoncés, ce qui entraîne un certain risque de gains ou de pertes en capital,
— la troisième stratégie est une autre stratégie d’achat à long terme, mais elle prévoit un décalage stratégique volontaire des échéances entre les titres et les dépôts. Dans ce cas, le décalage est le fait de PI, qui investit dans des actifs dont l’échéance dépasse les flux sortants annoncés. Par conséquent, PI accepte le risque de taux associé à la nécessité de vendre le titre sous-jacent pour couvrir le flux sortant correspondant au moment où il intervient, en échange d’un rendement supérieur sur les titres dont l’échéance est plus longue,
— la quatrième stratégie est une stratégie de négociation dynamique dans le cadre de laquelle PI achète et vend les titres. En particulier, PI investit l’ensemble des fonds collectés sur les comptes courants postaux dans un titre présentant une échéance donnée (les échéances peuvent être de cinq, dix et vingt ans), le vend après 15 jours et réinvestit le produit de la vente dans un autre titre de même échéance (de sorte que le nouveau titre arrive à échéance 15 jours après celui qui a été vendu). Étant donné que les flux sortants ne sont pris en considération qu’à la fin d’une année donnée, le montant investi une certaine année est considéré comme constant par rapport aux flux sortants et fluctue seulement au gré des variations du taux d’intérêt. Par conséquent, les taux annuels de rendement découlant de cette stratégie sont décorrélés du schéma d’endettement,
— la cinquième stratégie repose sur l’hypothèse que PI investit tout dans un indice représentant des titres d’État de la zone euro à long terme. L’indice est composé de titres d’État de la zone euro (et pas seulement des titres d’État italiens) dont les échéances sont supérieures à 10 ans. Cette stratégie s’écarte du cadre des stratégies précédentes, dans la mesure où le risque de crédit sous-jacent ne concerne pas seulement les titres d’État italiens, mais bien un panier de titres d’État de la zone euro. Pour couvrir ce risque supplémentaire, le modèle formule d’autres hypothèses. Dans ce cas également, les flux sortants ne sont pris en considération qu’à la fin d’une année donnée et, donc, les rendements annuels sont décorrélés du schéma d’endettement.