1. L’entreprise commune met en œuvre la mission visée à l’article 3 autour des piliers d’activité suivants:
a) le pilier «administration», qui couvre les activités générales en vue de l’exploitation et de la gestion de l’entreprise commune;
b) le pilier «infrastructure», qui englobe les activités d’acquisition, de déploiement, de mise à niveau et d’exploitation de l’infrastructure de supercalcul, d’informatique quantique et de données sécurisée, hyperconnectée et de classe mondiale, y compris la promotion de l’adoption et de l’utilisation systématique des résultats de la recherche et de l’innovation produits dans l’Union;
c) le pilier «fédération des services de supercalcul», qui couvre toutes les activités visant à fournir à l’échelle de l’Union un accès aux ressources et aux services de supercalcul et de données fédérés et sécurisés dans toute l’Europe pour la communauté scientifique, l’industrie (y compris les PME) et le secteur public, en particulier en coopération avec PRACE et GÉANT; ces activités comprennent les éléments suivants:
i) soutenir l’interconnexion des ressources de calcul à haute performance, d’informatique quantique et de données détenues en tout ou en partie par l’entreprise commune ou mises volontairement à disposition par les États participants;
ii) soutenir l’interconnexion des infrastructures de supercalcul, de calcul quantique et de données avec les espaces européens communs des données de l’Union et les infrastructures de données en nuage fédérées et sécurisées;
iii) soutenir le développement, l’acquisition et l’exploitation d’une plateforme pour la fédération harmonieuse et la fourniture sécurisée d’un service et d’une infrastructure de données pour le supercalcul et l’informatique quantique, en établissant un point d’accès unique pour tous les services de supercalcul ou de données gérés par l’entreprise commune, et en fournissant un point d’entrée unique pour chaque utilisateur;
d) le pilier «technologie», qui porte sur des activités ambitieuses de recherche et d’innovation en vue de développer un écosystème de supercalcul compétitif, innovant et de classe mondiale dans toute l’Europe, tant du point de vue du matériel informatique que des logiciels, et d’en assurer l’intégration dans les systèmes de calcul tout en couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur scientifique et industrielle de manière à contribuer à l’autonomie stratégique de l’Union; il met également l’accent sur les technologies de calcul à haute performance économes en énergie, qui contribuent à la durabilité environnementale; ces activités portent notamment sur:
i) les composants de microprocesseurs à basse consommation, les composants d’interconnexion, l’architecture des systèmes et les technologies connexes telles que les nouveaux algorithmes, codes logiciels, outils et environnements;
ii) les nouveaux paradigmes de calcul et leur intégration dans les systèmes de supercalcul de pointe dans le cadre d’une approche de co-conception; ces technologies sont liées au développement, à l’acquisition et au déploiement de supercalculateurs haut de gamme, y compris d’ordinateurs quantiques, et d’infrastructures;
iii) les technologies et systèmes d’interconnexion et d’exploitation des systèmes de supercalcul classiques avec d’autres technologies de calcul qui sont souvent complémentaires et qui assurent leur fonctionnement efficace, telles que l’informatique quantique ou d’autres nouvelles technologies de calcul;
iv) les nouveaux algorithmes et les nouvelles technologies des logiciels offrant des gains de performance substantiels;
e) le pilier «application», qui porte sur les activités visant à atteindre et à maintenir l’excellence européenne dans les applications et les codes de calcul et de données clés pour la science, l’industrie, y compris les PME, et le secteur public; ces activités portent notamment sur:
i) les applications, y compris les nouveaux algorithmes et les développements logiciels, destinés aux utilisateurs publics et privés qui bénéficient de l’exploitation des ressources et des capacités de supercalculateurs haut de gamme et leur convergence avec les technologies numériques avancées telles que l’intelligence artificielle, l’analyse de données à haute performance et les technologies en nuage, grâce à la co-conception, au développement et à l’optimisation de codes et d’applications fondés sur le calcul à haute performance à grande échelle et des marchés porteurs émergents;
ii) le soutien, entre autres, aux centres d’excellence pour le calcul à haute performance pour des applications ainsi que des pilotes et des bancs d’essai à grande échelle utilisant le calcul à haute performance en vue d’applications de mégadonnées et de services numériques avancés dans un large éventail de secteurs scientifiques, publics et industriels;
f) le pilier «élargir l’utilisation et les compétences», qui vise à développer les capacités et les compétences sources d’excellence en matière de supercalcul, d’informatique quantique et d’utilisation des données, en tenant compte des synergies avec d’autres programmes et instruments, en particulier le programme pour une Europe numérique, en élargissant l’utilisation scientifique et industrielle des ressources de supercalcul et des applications de données, et en donnant un meilleur accès aux infrastructures de supercalcul et de données à l’industrie tout en favorisant leur utilisation pour une innovation adaptée aux besoins industriels, et à doter l’Europe d’une communauté scientifique de haut niveau et d’une main-d’œuvre qualifiée lui permettant d’exercer un leadership scientifique et d’effectuer la transformation numérique de son industrie et de son administration publique, notamment en soutenant et en mettant en réseau des centres nationaux de compétence et des centres d’excellence pour le calcul à haute performance;
g) le pilier «coopération internationale»: conformément aux objectifs de politique extérieure et aux engagements internationaux de l’Union, il s’agit de définir et mettre en œuvre des activités en rapport avec la promotion de la collaboration internationale dans le domaine du calcul à haute performance et d’y participer, dans le but de relever les défis scientifiques et sociétaux mondiaux, tout en promouvant la compétitivité de l’écosystème européen d’offre et de demande en matière de calcul à haute performance;
h) le pilier «fabrique d’IA pour une IA digne de confiance et éthique», qui comprend des activités visant à fournir une infrastructure de services de supercalcul axés sur l’IA dans le but de développer davantage les capacités, les compétences et les aptitudes de l’écosystème d’IA en matière de recherche et d’innovation; ce pilier comprend les activités suivantes:
i) acquérir et exploiter des supercalculateurs optimisés par l’IA hébergés au même endroit que des centres de données ou connectés à des centres de données par des réseaux à très haut débit;
ii) mettre à niveau les supercalculateurs EuroHPC existants en les dotant de capacités d’IA;
iii) fournir un accès et des possibilités d’accès équitable aux supercalculateurs optimisés par l’IA ou aux supercalculateurs EuroHPC mis à niveau au moyen de capacités d’IA, y compris élargir leur utilisation à un plus grand nombre d’utilisateurs publics et privés, y compris les start-up et les petites et moyennes entreprises;
iv) exploiter des centres, centralisés ou distribués, de services de supercalcul axés sur l’IA à l’appui de l’écosystème de start-up dans le domaine de l’IA et de l’écosystème de recherche et d’innovation apportant un soutien en matière d’algorithmes, un soutien pour aller plus loin dans le développement, l’entraînement, l’essai, l’évaluation et la validation des modèles et systèmes d’entraînement de l’IA, ainsi qu’un soutien au développement d’applications d’IA à grande échelle émergentes dans des domaines stratégiques tels que la santé et les soins, le changement climatique, la robotique ou la conduite connectée et automatisée;
v) exploiter des installations de programmation adaptées aux supercalculateurs, y compris pour la parallélisation d’applications d’IA en vue d’optimiser l’utilisation des capacités de supercalcul;
vi) exploiter d’autres services de supercalcul propices à l’IA;
vii) attirer, rassembler et former les talents afin de développer leurs compétences et aptitudes en matière d’utilisation des supercalculateurs EuroHPC pour l’IA;
viii) interagir avec les autres fabriques d’IA, rendre leurs services accessibles dans toute l’Europe et coopérer avec les centres de compétences et centres d’excellence EuroHPC, ainsi qu’avec les initiatives de l’Union en matière d’IA pertinentes, comme les pôles de start-up dans le domaine de l’IA, les écosystèmes d’intelligence artificielle et de données, les installations d’essai et d’expérimentation de l’intelligence artificielle, la plateforme centrale européenne d’intelligence artificielle, les pôles d’innovation numérique axés sur l’intelligence artificielle, les communautés de la connaissance et de l’innovation liées à l’intelligence artificielle de l’Institut européen d’innovation et de technologie, les infrastructures européennes de recherche pertinentes et d’autres initiatives connexes;
i) le pilier «gigafabrique d’IA», qui couvre les activités des gigafabriques d’IA, qui, dans le cadre de leur fonctionnement, pourraient être connectées au réseau EuroHPC des fabriques d’IA afin d’assurer une intégration, un soutien aux utilisateurs et un partage des connaissances harmonieux dans l’ensemble de l’écosystème européen de l’IA; ce pilier comprend les activités suivantes:
i) fournir une infrastructure informatique d’IA de classe mondiale pour les chercheurs, les entrepreneurs, les entreprises, y compris les PME, les jeunes pousses et les entreprises en expansion, ainsi que pour le secteur public en Europe;
ii) permettre le développement de nouvelles solutions d’IA dans tous les secteurs publics et privés, y compris le développement de modèles de fondation; et
iii) garantir la compétitivité et la souveraineté de l’Union en tant que continent de l’IA;
j) le pilier «technologies quantiques», qui couvre l’ensemble de l’écosystème quantique et les domaines d’application de l’informatique et de la simulation quantiques, de la communication quantique, de la détection et de la métrologie quantiques, garantissant la sécurité et la résilience de la chaîne d’approvisionnement quantique et de ses technologies génériques; les activités portent entre autres sur:
i) la recherche et l’innovation scientifiques et technologiques: faire progresser l’excellence de la recherche dans les domaines des sciences et technologies quantiques;
ii) la transition du laboratoire à la fabrication et au développement de l’écosystème: soutenir le développement et le déploiement d’infrastructures quantiques de pointe; favoriser l’industrialisation des technologies quantiques en soutenant l’adoption d’applications quantiques dans les secteurs publics et industriels clés, en veillant à ce que les progrès réalisés dans tous les domaines quantiques soient traduits en applications réelles, y compris le développement de marchés pilotes; promouvoir les normes européennes et internationales et soutenir le développement et la mise en réseau de centres nationaux de compétences quantiques dans toute l’Europe;
iii) l’accélération du développement et de la mise en exploitation de systèmes d’informatique quantique tolérants aux défaillances reposant sur des mesures publiques visant à soutenir un écosystème quantique européen compétitif et une chaîne d’approvisionnement fondée sur des technologies fabriquées et conçues en Europe;
iv) les compétences et les talents: développer une main-d’œuvre compétitive et inclusive dans les domaines de la recherche quantique et de l’ingénierie grâce à des initiatives coordonnées en matière d’éducation, de formation et de mobilité, dans les disciplines et domaines techniques clés liés aux technologies quantiques;
v) la coopération internationale: développer la collaboration internationale dans le domaine des technologies quantiques afin de relever les défis scientifiques et sociétaux mondiaux, conformément aux objectifs de politique extérieure et aux engagements internationaux de l’Union.
2. Outre les activités visées au paragraphe 1, l’entreprise commune peut être chargée de la mise en œuvre de tâches supplémentaires en cas de financement cumulé, complémentaire ou combiné entre les programmes de l’Union, conformément au programme de travail de la Commission concerné.