(235) Dans ses réponses des 18 et 19 février 2019, l’Italie a fourni une étude (ci-après la «troisième étude de PwC») visant à démontrer que la situation du marché au cours des années 2007-2009 était caractérisée par une offre insuffisante de services de transport ferroviaire de fret dans le sud de l’Italie par rapport à l’offre minimale exigée par l’État. En particulier:
— au cours de la période 2007-2008, outre Trenitalia, seules cinq entreprises ferroviaires (NordCargo BV, Rail Traction Company SpA, Linea Srl, Rail One SpA et Ferrovia Adriatico Sangritana SpA) étaient actives dans certaines des régions couvertes par le troisième contrat. En 2008, ces entreprises ont fourni ensemble 883 000 trains-kilomètres En 2009, le nombre de concurrents de Trenitalia est passé de cinq à huit et, à eux tous, ils ont fourni 1,4 million de trains-kilomètres (contre 14 millions de trains-kilomètres fournis par Trenitalia),
— entre 2008 et 2009, au moment où les parties ont défini la portée géographique du contrat, les concurrents de Trenitalia ne desservaient que 14 liaisons région-région (aller-retour), alors que Trenitalia devait desservir 33 liaisons région-région (aller-retour) à la demande au titre du troisième contrat, y compris en Sicile. En outre, seules six des liaisons région-région desservies (Campanie-nord de l’Italie, Abruzzes-nord de l’Italie, Pouilles-nord de l’Italie, Calabre-Campanie, Basilicate-nord de l’Italie et Abruzzes-Pouilles) fournissaient un volume important de trafic (avec une offre totale supérieure à 60 000 trains-kilomètres) et, même sur ces liaisons, leur offre ne constituait pas un substitut parfait à celle de Trenitalia. De fait, les services proposés ne couvraient que certaines des lignes disponibles et/ou ne concernaient qu’un seul type de services de transport ferroviaire de fret ou un seul type de produit, ou n’étaient fournis que dans une seule direction, sans trajet retour. Cette situation du marché pourrait difficilement être considérée comme une conséquence du deuxième contrat qui, en ce qui concerne les lignes nord-sud sur la péninsule italienne, ne couvrait que les distances supérieures à 1 000 km,
— en ce qui concerne les très rares liaisons région-région où il existait un chevauchement possible entre les services de Trenitalia et les services des concurrents (sur le plan des itinéraires, du type de transport et des produits), soit l’offre des concurrents n’était pas suffisante pour couvrir l’intégralité de la demande de trafic, soit elle était trop fragmentée ou instable pour être fiable. En ce qui concerne l’instabilité alléguée de l’offre, l’Italie a notamment fait référence à l’offre proposée sur les liaisons Pouilles-nord de l’Italie, Calabre-Campanie et Basilicate-nord de l’Italie,
— bien que l’offre des concurrents ait connu une augmentation constante entre 2009 et 2014, les concurrents ont fourni, à eux tous, 2,3 millions de trains-kilomètres en 2014 (contre 10,9 millions de trains-kilomètres fournis par Trenitalia). En outre, cette augmentation du trafic s’est concentrée principalement sur trois liaisons région-région (Abruzzes-nord de l’Italie, Campanie-nord de l’Italie et Pouilles-nord de l’Italie), sur les 33 que devait desservir Trenitalia à la demande du client.