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Conseil d'État

n° 465904 · 21 juillet 2022

Décision rendue par Conseil d'État, le 21 juillet 2022.

Source : open data du Conseil d'État (loi pour une République numérique du 7 octobre 2016, art. 20-21).
Cette décision n'est pas publiée au Recueil Lebon - Légifrance ne l'indexe donc pas. JusticeLibre est la seule source web indexable pour cette décision.
JuridictionConseil d'État
Date21 juillet 2022
Numéro465904
ECLIECLI:FR:CEORD:2022:465904.20220721
Source officielleopendata.justice-administrative.fr ↗
Source de l'archiveDILA -bulk JADE ↗

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un nouveau mémoire, enregistrés le 18 juillet 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A B demande au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au directeur interministériel du numérique (DINUM) de compléter sa note administrative du 7 janvier 2020 donnant instruction aux directeurs et chefs de service ministériels en charge du numérique d'installer par défaut dans l'environnement de travail numérique des agents le moteur de recherche Qwant par une nouvelle note donnant la liste de l'ensemble des moteurs alternatifs français et européens respectueux de la vie privée ;

2°) d'enjoindre au DINUM de prescrire que le choix d'installation par défaut d'un moteur de recherche soit laissé à chaque agent administratif ;

3°) d'enjoindre à la DINUM de procéder, le cas échéant, au choix d'un moteur de recherche dans le respect des règles de la commande publique.

Il soutient que l'installation systématique du moteur de recherche Qwant par défaut sur les terminaux des agents de l'administration, sans possibilité pour les agents de choisir un autre logiciel, constitue une fraude manifeste et intentionnelle aux règles de la commande publique.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Dans sa requête, M. B se borne à exposer que la décision du directeur interministériel du numérique, contenue dans la note qu'il a adressée le 7 janvier 2020 aux directeurs et chefs de service ministériels en charge du numérique, de choisir le moteur de recherche Qwant comme celui devant être installé par défaut sur les postes de travail des agents de l'administration serait illégale pour avoir été prise en méconnaissance des règles de la commande publique, alors que ce moteur de recherche ne respecterait pas les critères de respect de la vie privée posés par cette même note et que d'autres moteurs de recherche français et européens les respecteraient davantage. Ce faisant, il n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence de nature à justifier le prononcé par le juge des référés des mesures qu'il sollicite.

3. Il résulte de ce qui précède que sa requête ne peut qu'être rejetée par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

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Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Paris, le 21 juillet 202Signé : Pierre Collin