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Tribunal Administratif de la Guadeloupe

n° 2101077 · 6 juillet 2022

Décision rendue par Tribunal Administratif de la Guadeloupe, le 6 juillet 2022.

Source : open data du Conseil d'État (loi pour une République numérique du 7 octobre 2016, art. 20-21).
Cette décision n'est pas publiée au Recueil Lebon - Légifrance ne l'indexe donc pas. JusticeLibre est la seule source web indexable pour cette décision.
JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
Date6 juillet 2022
Numéro2101077
Formation2ème Chambre
Source officielleopendata.justice-administrative.fr ↗
Source de l'archiveDILA -bulk JADE ↗

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2021, M. D A B, représenté par Me Hatchi, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la police aux frontières lui a refusé l'entrée sur le territoire français le 2 septembre 2021.

Il soutient que la décision a été prise par un brigadier non habilité.

Le préfet de la Guadeloupe a produit le 20 juin 2022, postérieurement à la clôture d'instruction, un mémoire en défense qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant nicaraguayen, né le 28 mai 1986, est arrivé à l'aéroport Guadeloupe - Pôle Caraïbes par un vol en provenance de La Dominique le 2 septembre 2021. Il demande l'annulation de la décision par laquelle la police aux frontières lui a refusé l'entrée sur le territoire français pour possession d'un faux document.

2. Aux termes de l'article L. 332-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui ne satisfait pas aux conditions d'admission prévues au titre I peut faire l'objet d'une décision de refus d'entrée, sans préjudice des dispositions particulières relatives au droit d'asile et à la protection internationale ou à la délivrance de visas de long séjour ". Aux termes de l'article L. 332-2 du même code : " La décision de refus d'entrée, qui est écrite et motivée, est prise par un agent relevant d'une catégorie fixée par voie réglementaire () ". Aux termes de l'article R. 332-1 du même code : " La décision refusant l'entrée en France à un étranger, prévue à l'article L. 332-2, est prise : 1° Par le chef du service de la police nationale chargé du contrôle aux frontières ou, par délégation, par un fonctionnaire désigné par lui, titulaire au moins du grade de brigadier ; / 2° Ou par le chef du service des douanes chargé du contrôle aux frontières ou, par délégation, par un fonctionnaire désigné par lui, titulaire au moins du grade d'agent de constatation principal de deuxième classe. / Dans les aérodromes affectés à titre exclusif ou principal au ministère de la défense, cette décision peut être également prise par le commandant d'unité de la gendarmerie maritime ou de la gendarmerie de l'air ou, par délégation, par un militaire désigné par lui, titulaire au moins du grade de gendarme ".

3. La décision du 2 septembre 2021 refusant l'entrée sur le territoire français de M. A B, est signée par un agent brigadier de la police aux frontières. Si le préfet de la Guadeloupe fait valoir que cet agent était habilité à prendre la décision litigieuse, en vertu d'une note de service n° 2022/05/STPAF prise par le chef de service de la police nationale, cette délégation de signature datée du 16 mars 2022 est postérieure à la décision litigieuse et, au demeurant, n'a pas été régulièrement publiée. Par suite, et dès lors que le préfet de la Guadeloupe ne justifie pas d'une délégation de signature régulière, M. A B est fondé à soutenir qu'elle a été prise par une autorité incompétente.

4. Il résulte de ce qui précède que la décision du 2 septembre 2021 par laquelle la police aux frontières a refusé à M. A B l'entrée sur le territoire français doit être annulée.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 2 septembre 2021 par laquelle la police aux frontières a refusé à M. A B l'entrée sur le territoire français est annulée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B et au préfet de la Guadeloupe.

Délibéré après l'audience du 22 juin 2022 à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Therby-Vale, conseillère,

M. Maljevic, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.

Le rapporteur,

Signé :

S. C

Le président,

Signé :

O. GUISERIX

La greffière,

Signé :

L. LUBINO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière en Chef,

Signé

M-L CORNEILLE